Réflexions et miroirs de la Fiac 2013

Réflexions multiples, correspondances formelles, dialogues, miroirs, l’édition de la Fiac 2013 est placée cette année sous le signe de l’échange. Une communauté artistique bien représentée par cette œuvre hors les murs installée sur la passerelle Léopold Sédar-Senghor : « camouflage », nous livrant une autre vision de l’union des nations en 193 drapeaux.

Réalisée par Société Réaliste, un collectif d’artistes suisses fondé en 2004, U.N. camouflage est une installation qui reprend les couleurs de chacun des états membres de l’ONU, pour en fondre les particularismes idéologiques, politiques ou culturels, dans les couleurs communes à toutes les nations. Une manière de gommer les confrontations nationales.

« Pont » de Shen Yuan. Céramique, tubes d’acier. 325 x 1100 x 100 cm
« Pont » de Shen Yuan. Céramique, tubes d’acier. 325 x 1100 x 100 cm
« Pont » de Shen Yuan. Céramique, tubes d’acier. 325 x 1100 x 100 cm
« Pont » de Shen Yuan. Céramique, tubes d’acier. 325 x 1100 x 100 cm

Ce thème politique de la confrontation identitaire est également présent dans l’œuvre monumentale du jardin des Tuileries « Pont » de la Chinoise Shen Yuan, installée en France depuis 1990.

Posée au milieu de l’allée centrale du jardin des Tuileries, cette sculpture est sensée faire communiquer deux espaces. Au fut et à mesure qu’on s’en approche, on s’aperçoit cependant que ce pont est rendu impraticable par son propre parapet qui le traverse en diagonale. Les deux mondes qu’il est sensé relier ne coexistent plus alors qu’en apparence. La céramique blanche à glaçure bleue est une allusion à la période Ming (1368-1644) et ses torsades, une référence aux carrelages du monde arabe. Shen Yuan entend ainsi exprimer la difficulté de faire communiquer deux cultures.

« Sans titre » de Francisco Sobrino | « Origami » de Lab (O)

Un peu plus loin, cette œuvre de Francisco Sobrino

La Fiac Hors les Murs expose une sculpture de 1971 de Francisco Sobrino (né en 1932 en Espagne). D’abord installée à Grenoble, cette pièce monumentale est constituée d’une seule plaque d’acier  miroir de forme carrée qui, additionnée à une dizaine d’autres, dessine un motif répétitif. En dialogue avec la végétation, elle reflète aussi la ville et correspond secrètement avec des pièces similaires exposées à la FIAC, notamment deux pièces d’Anish Kapoor ou encore cette sculpture exposée par la galerie Denise René « Origami » par Lab (O), 2013.

« Sans titre » de Anish Kapoor
« Aegyptus Inferior » de William Kentridge. Tapestry, mohair, silk, embroidery. 270 x 360 cm

Avec une progression de 3.7% de visiteurs par rapport à l’an dernier, cette édition de la Fiac prend position sur la notion de culture, de dialogue, de frontières, à l’image de cette œuvre de William Kentridge où le territoire devient une vaste tapisserie où il est impossible de se repérer, car il s’agit de la géographie émotionnelle de l’artiste.

Textes/images Danièle Pétrès

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