Paris Photo grandeur nature

Le salon Paris Photo s’est tenu au Grand Palais du 14 au 17 novembre. Il a confirmé l’intérêt grandissant que les collectionneurs du monde entier portent à la photographie, puisque avec 55 239 visiteurs en 4 jours,  la photographie concurrence désormais directement le marché de l’art contemporain. La Fiac qui l’a précédée a totalisée de son côté 73.550 entrées (en 5 jours).

Ellen KooiEllen Kooi

Josef HoflehnerJosef Hoflehner

De fait on a retrouvé de nombreux artistes exposés dans l’un et l’autre de ces salons à quinze jours d’intervalle.

Concurrence ou phénomène de porosité ? Pour Matthieu Humery, directeur du département Photographies de Christie’s France « sur les 100 artistes contemporains les plus en vue, au moins la moitié utilise de la photographie dans leur travailDonc, sans être forcément désignés comme « photographes », de nombreux artistes utilisent ce médium ».

Côté tendances, beaucoup ont travaillé sur l’idée de forêt, du végétal ou du minéral. Soit d’une manière romantique en proposant des sous-bois embrumés dans des noirs et blancs ; ou dans une veine plus contemporaine, comme les tirages plexiglas de Ellen Kooi, ou encore les tirages  à la beauté glacée de Josef Hoflehner.

La patience de Josef Hoflehner

Le travail photographique de Josef Hoflehner, artiste autrichien né en 1955, interpelle par ses grands formats et la sérénité qui s’en dégage. Exposé à Paris Photo ce mois de Novembre, ses photographies de facture épurée et pour ainsi dire, parfaites, attirent un grand nombre de curieux. Dans ces photos prises au moyen-format, la nature domine. Comme si l’agitation avait déserté le monde blanc, pur et glacé dont il aime à évoquer la symétrie. Seule trace de l’humain :  de simples piquets ou des balises ici ou là, qui telles des tâches colorées tentent de canaliser le désordre du monde.

Ces images sont tirées entre 5 et 10 exemplaires, et tirées sur un papier effet « peau de pêche », d’un rendu merveilleux.

Josef HoflehnerJosef Hoflehner

Josef HoflehnerJosef Hoflehner

Josef HoflehnerJosef Hoflehner

Ellen KooiEllen Kooi

Bae Bien-UBae Bien-U

Bae Bien-UBae Bien-U

Ellen KooiEllen Kooi

La forêt de pins de Bae Bien-U

Le photographe Coréen Bae Bien-U évoque par ses formats panoramiques la sérénité des peintures à l’encre coréenne. Ici, sa série de pins (son sujet fétiche). Bae Bien-U est né en 1950 à Yeosu, en Corée.

Dans le bois de Ellen Kooi

Ellen Kooi, photographe Hollandaise née en 1962 met en scène l’humain au centre de la nature. Un peu à la manière du peintre américain Andrew Wyeth (dont elle a réalisé une adaptation de son tableau « Christina’s world »), Ellen Kooi aime créer une situation incongrue qui raconte une histoire. Pour réaliser ses panoramiques, elle fait plusieurs clichés qu’elle relie ensuite en une image, ce qui lui permet des effets de perspectives impossibles. Ce collage de plusieurs univers contribue à instiller un sentiment d’étrangeté (qui reprend parfaitement l’effet théâtral d’une scène de Tchekhov).

Danièle Pétrès

Paru en 2013

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