Azzedine Alaïa au Palais Galliera

« La mode doit être regardée comme une sculpture ». Olivier Saillard

Après 4 ans de travaux, le palais Galliera vient de réouvrir ses portes. Il a pour l’occasion retrouvé l’apparence de ses débuts (1895), avec des murs de couleur rouge Pompéi encadrés de portes noires mats. Olivier Saillard, son conservateur, a choisi d’y présenter le travail d’Azzedine Alaïa qu’il considère comme le fils spirituel de Madame Grès et de Cristobal Balenciaga (auxquels il a consacré deux expositions du musée hors les murs).

Cette rétrospective de 50 ans de création est l’occasion de découvrir les robes les plus marquantes de celui qui a boudé les défilés pour se consacrer à l’invention d’un style. Un choix qu’il réaffirme dans l’entretien qui ouvre le catalogue: « En m’opposant au rythme superficiel des saisons et des défilés, j’ai été un des seuls à oser rompre avec ce calendrier astreignant qui méprise la création au profit du rendement (…). A ceux qui disent ‘Alaïa, vous ne défilez plus’, je réponds que nous défilons tous les jours, que l’auditoire soit composé d’une seule cliente nouvelle ou d’un parterre d’acheteurs ».

Azzedine Alaïa au Palais Galliera

Nous avons choisi de vous montrer quelques pièces qui font partie du répertoire des coupes inventées par Alaïa. Dès les années 80, il dessine la silhouette d’une amazone terriblement féminine sans accessoires. Cette épure est sensible à travers le travail du jersey, l’usage du zip et le répertoire masculin féminin. A dominante noire, les robes aux coupes ajustées près du corps d’Azzedine Alaïa transcendent les courbes des femmes pour en faire émerger la ligne, telle une seconde peau.

Masculin féminin : des coupes qui rappellent celles des ateliers de tailleurs du 19ème siècle, avec la chemise d’un blanc pur comme citation.

Azzedine Alaïa au Palais Galliera
⒞ D. Pétrès – Azzedine Alaïa au Palais Galliera

Le zip

Une mode qui va à l’essentiel, et dont l’un des seuls ornements tolérés est le zip
Une mode qui va à l’essentiel, et dont l’un des seuls ornements tolérés est le zip

Le jersey de laine

Des vêtements conçus comme des secondes peaux, dessinés à même le corps pour le magnifier. Ici la robe culte de Grace Jones, près du corps comme les drapés d’une statue.

Azzedine Alaïa au Palais Galliera
Azzedine Alaïa au Palais Galliera

Là, celle de Tina Turner, toute en humour et pleine de peps.

Inspiration Massaï qui réinvente le raphia
Inspiration Massaï qui réinvente le raphia

Impression Massai

Le goût d’inspiration Africaine d’Alaïa, met au goût du jour la sensualité des matières comme le raphia, que d’autres après lui reprendront (John Galliano pour Dior, par exemple).

Danièle Pétrès

Paru en 2014

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