L’inassèchement de Miguel Barceló

« On voyait parfois Miró passer en taxi sur la promenade maritime » raconte Barceló dans la préface du catalogue confiée à Enrique Vila-Matas. Les souvenirs de l’écrivain espagnol rencontrent alors ceux de Barceló, en un récit somnambulique qui se tisse entre un café et un portrait à la Javel et à l’encre noire. Tandis que Barceló embrasse la matière pour faire surgir des cratères et des roches sur ses toiles, Vila-Matas, infatigable marcheur arpentant les capitales, dresse un portrait solaire du peintre, tout en gardant les accents nocturnes propres à son écriture.

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Miguel Barceló peint un univers d’avant la vie, dont l’eau conserve encore le mystère. Entre les algues volatiles et des poissons mirobolants aux yeux rouges et aux carcasses granuleuses, surgit la poésie d’un Miró minéral, comme aperçu le temps d’un bref instant, pour être aussitôt dilué dans l’océan.

Un univers de seiche et d’eau, d’empreintes et de contours au fusain rappelle les dessins épurés et les pigments poudreux qu’on peut trouver sur les parois de la grotte Chauvet.

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Une exposition envoûtante, hypnotique, réunissant des oeuvres dont Barceló précise la génèse: « Je fais de la plongée sous-marine depuis toujours. Quand j’exécute de grands tableaux à même le sol, je suis dans un rapport d’immersion avec eux. Je me mets en apnée. Je fais les mouvements justes, ou du moins j’essaie. Je retiens ma respiration, je compense la pression. Puis je remonte en expulsant l’eau de mer du tuba… Enfin, presque. Ce serait donc le tempo de mes tableaux, ces minutes d’apnée successives ».

Le catalogue permet de poursuivre cette promenade sous-marine.

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Du 25 avril au 31 mai 2015 / Galerie Thaddaeus Ropac Paris Marais

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