Bettina Rheims entre les genres

Connue essentiellement pour ses photographies d’actrices, Bettina Rheims a, entre les prises, développé des sujets plus personnels, tous centrés sur l’image de la femme. Soumise à des scénarios masculins, dominante, femme-homme, son fil conducteur semble avoir été d’explorer la frontière du genre en posant la question: jusqu’où faut-il aller pour qu’une femme ait l’air d’une femme ?

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Monica Belucci / Charlotte Rampling /copyright Bettina Rheims

Le caractère obsessionnel de cette question est révélé à La Maison Européenne de la Photographie, qui lui offre l’intégralité de ses espaces pour retracer 40 ans de clichés.

Dans ces 180 images exposées, on retrouve Madonna prise sans apparat dans une chambre d’hôtel miteuse, Marion Cotillard en chérubin déchu, Monica Bellucci en Borgia des spaghettis et bien sûr Charlotte Rampling, impériale actrice des Damnés de Visconti… Elles sont toutes passées devant son objectif pour déranger leur image souvent trop sage. Séduits, les magazines et des marques comme Chanel lui ont longtemps confié leurs campagnes publicitaires.

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Kristin Scott Thomas / Gender Studies / copyright Bettina Rheims
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Vue de l’exposition de la MEP

Après des débuts dans l’Egoïste, le magazine sleek et chic des années 80 où elle a publié ses acrobates et ses strip-teaseuses de Pigalle, elle se lancera dans des portraits pour une série intitulée Modern Lovers. Vingt ans plus tard, elle reviendra à ses premières amours avec Gender Studies, où elle livre des images plus intéressantes, car dépouillées de ses mises en scène qui reprennent  les fantasmes masculins de base.

Plus moderne, cette série de portraits nous interpelle davantage car ils nous questionne directement, sans a priori et sans que Bettina Rheims souligne son point de vue par un arrière-plan trop chargé de symboles.

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copyright Bettina Rheims

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Ces images rejoignent l’épure qu’elle a un temps cherché dans la série INRI. Emprunts de modestie et de simplicité, ces grands formats dessinent des portraits d’hommes en devenir femme ou l’inverse, à la sobre beauté de tableaux d’autels.

A voir et à revoir, pour une plongée dans les années 80 et ce qu’il en reste.

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Vue de l’exposition de la MEP

Danièle Pétrès

A partir du 28 janvier, Maison européenne de la photographie (Paris IV) :
5/7 Rue de Fourcy, du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45.

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