François Chailloux et l’éternité

Le sculpteur François Chailloux travaille sur ce qui est tu. Les lèvres et les yeux semblent scellés à jamais dans le secret de leur histoire. Dormeurs du val, c’est de silence qu’ils sont imprégnés, silence sur leurs pensées, silence du sens et des mots aussi.

Méditation sur l’éternité, ces visages expriment, pour celui qui les regarde, le secret d’un monde entre veille, sommeil et mort, évoquant la quiétude de l’éternité.

Quand il n’est pas en Italie, le sculpteur est dans son atelier parisien, où il travaille simultanément plusieurs pièces, comme ces bustes de cire réalisés à partir de végétaux, sur lesquels il a coulé les moulages de visages de ses proches, ou d’autres, réinventés. S’ils évoquent la statuaire grecque, c’est que François Chaillou a d’abord étudié la sculpture à Carrare, et réalisé des sculptures de marbre et de pierre.

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François Chaillou
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Usnea fastigiata I, II et III, 2015.

Ce travail, plus spontané que la celui de la ronde bosse, renvoie aux trois bustes sculptés en terre exposés devant l’entrée de son exposition à la galerie Particulière à Paris. L’idée d’enregistrer les modifications d’une œuvre à travers le temps lui est venue après l’avoir observé, sur la version originale de ces sculpture en terre, d’abord livrées aux éléments extérieur, chez lui, en Italie.

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Portrait réalisé par Young-June KIM dans le cadre de l’exposition EN DIALOGUE.

François Chaillou, quand on l’interroge sur le sens de ses œuvres, dit chercher avec ces visages à entretenir l’équivoque sur ce qu’ils représentent pour le visiteur. Sont-ils des masques de défunts, de belles endormies ? A chacun de réfléchir à la représentation qu’il se fait de la statuaire, du sommeil ou de la mort.

Danièle Pétrès

Paru en 2015 à l’occasion de son exposition à la Galerie Particulière

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